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Gary Clark Jr. : le renouveau de la scène texane

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Originaire d’Austin, Texas, Gary Clark Jr. s’est rapidement forgé une réputation concernant ses talents de musicien. Habitué aux scènes locales, c’est lors de jam sessions au Antone’s Night Club (où ont notamment joué Stevie Ray Vaughan ou Buddy Guy) qu’il attire toute l’attention alors qu’il n’est qu’adolescent. Jimmie Vaughan propose donc à Gary Clark de participer à l’une de ses tournées, alors âgé de 17 ans. Des excès de drogues et d’alcool le poussent à s’interroger sur le futur de sa carrière musicale. Il se livre à un rôle mineur dans le film Honeydripper en 2007, avant de recevoir une lettre d’invitation pour participer au festival Crossroads (organisé par Éric Clapton) en 2010. Ce passage l’expose aux yeux du grand public et lui permet de gagner en popularité. Il participera à la tournée américaine des Rolling Stones en 2012, et sur celle des Foo Fighters en 2015, tout en apparaissant une nouvelle fois sur la setlist de l’édition 2013 du Crossroads au Madison Square Garden.
Surnommé The Chosen One (« l’élu ») par certains, il est, d’après Buddy Guy, le sauveur du blues.

Gary Clark Jr Live
Gary Clark Jr. en live

Blak & Blu

Paru en 2012 sous l’enseigne de la Warner Bros, Blak & Blu est le premier album de Gary Clark Jr. Pour s’assurer un succès commercial, il s’entoure de producteurs ayant fait leurs preuves, comme Mile Elizondo (Dr Dre, Eminem, The Game). Son albums sera gratifié  par deux nominations aux Grammy Award, et en remportera un.
Avec des titres comme Bright Lights, When My Train Pulls In ou Numb, il envoie les auditeurs dans des rocks sur-vitaminés teintés de couleurs blues. Composés en toute simplicité, ces morceaux n’en demeurent pas moins d’une totale efficacité. En mêlant pédales fuzz, wha-wha et octaver, il parvient à donner une nouvelle jeunesse à la folie Hendrixienne lors d’impressionnants soli tranchants et énervés. Son flow dote ces musiques d’une certaine nonchalance, donnant une fois de plus envie de se livrer à ses vagues mélodiques. Capable de varier les styles, il démontre ses facilités vocales en montant dans les aigus, notamment sur Please Come Home, mais aussi sur Things Are A Changin’, où il puise dans un répertoire soul et R’n’B pour offrir de belles balades. Avec Next Door Neightbor Blues, il clôture l’album d’un impeccable blues tout droit venu du Delta : filtre sonore sur la voix et sur la guitare pour rappeler un enregistrement d’époque, simple grosse caisse pour marquer le rythme, bottleneck et drop D (accordage particulièrement efficace pour ce type de musique). Une belle surprise.
Malgré tout, il est indéniable que ce premier album manque cruellement de cohérence et de rythme. En alternant régulièrement entre les genres de musique, Gary Clark Jr. prend le risque de perdre son auditeur, qui ne sait plus à quoi s’attendre. Si l’on y ajoute une qualité inégale de ses musiques, cet album apparait comme décevant compte tenu de la qualité du musicien.

Gary Clark Jr Blak & Blu
Blak and Blu album

The Story of Sonny Boy Slim

Pour son deuxième album (2015), Gary Clark Jr. s’exile au Texas au Arlyn Studio, connu entre autres pour avoir accueilli Stevie Ray Vaughan. Pendant les temps morts de ses différentes tournées, il s’implique totalement dans la composition et l’enregistrement des pistes de l’album puisqu’il joue lui-même sur la plupart des instruments entendus. De plus, il choisit de produire seul l’album afin de lui donner une identité propre. Il est donc cette fois impossible de lui reprocher une quelconque influence de la production sur le rendu de sa musique. À l’écoute, cela se ressent instantanément.

Un véritable équilibre se dégagGary Clark Jr The Story of Sonny Boy Slime de l’ensemble de l’album, qui parait bien plus personnel, cohérent, et proche de l’image que véhicule Gary Clark Jr.
Sur des musiques comme The Healing, The Grinder, Hold On, Can’t Sleep ou Stay, on retrouve la formule spéciale de Gary Clark Jr. : une guitare boostée à la distorsion livrant riffs accrocheurs, des soli emplis de virtuosité, ainsi qu’une voix toujours aussi pénétrante. Il se charge aussi exécuter des rythmes à tendance funk, venant se rapprocher d’une mouvance actuelle. Une nouvelle fois confronté à ce flow nonchalant, l’auditeur est charmé dès les premières écoutes et se laisse enivrer par la voix de l’artiste. De même, il renoue avec une soul moderne sur Wings ou Our Soul (mention spéciale aux quelques notes de synthétiseur qui viennent, à mon sens, transcender le morceau).

Avec Church, balade axée sur la solitude, il nous transporte dans la campagne sudiste américaine avec un accent folk des plus agréables. Voulant se rapprocher de ses racines blues, il choisit non seulement la guitare acoustique, mais aussi l’harmonica pour s’accompagner sur ce morceau. Cold Blooded lui permet de se rapprocher d’un style indie/soul rappelant les sonorités d’Alabama Shakes. Certaines musique paraissent toujours en deçà de ce qu’il peut produire (Down to Ride, Star, BYOB, par exemple), mais elles ne viennent pas ternir l’écoute globalement très agréable de ce second album. Avec ses trois années d’expérience sur le devant de la scène, Gary Clark Jr. livre cette fois un album équilibré, maîtrisé, qui laisse entrevoir le meilleur.

Avec deux albums studios à son actif, Gary Clark Jr. s’impose comme un excellent musicien complet, capable de produire des morceaux regroupant ses diverses influences musicales, qu’elles soient contemporaines ou non. Même s’il est possible de critiquer son premier album, il est nécessaire de garder en tête lors de l’écoute la portée live de celui-ci. En effet, avec ses musiciens, Gary Clark Jr. est un redoutable acteur scénique. Son double album live ainsi que les différentes performances disponibles en ligne le prouvent. Arrangements de ses morceaux, reprises de blues, acoustique, collaboration avec des artistes variés (John Mayer, Alicia Keys, Beyonce etc. Il participe aussi au concert à la maison blanche pour Obama en 2012), il est capable de conquérir la foule avec un large éventail d’attributs. Guitariste hors-pair, il peut rappeler à travers ses soli l’heure des plus grands guitar heroes.
Après une tournée américaine réussie, il débarque en Europe en cette fin d’année. Sachez qu’il sera présent à Paris (Bataclan), le 18 novembre pour son unique date française.

Pour illustrer :
Gary and Eve : How Gary Clark Learned To Play
Gary Clark Jr and John Mayer – Born Under A Bad Sign
Gary Clark Jr. At: Guitar Center

Sources :
TheGuardian.com // RollingStone.com

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Antoine Roché

Enfant des années 90, guitariste et étudiant en production musicale, c’est à travers mes articles que je vais vous faire partager ma passion pour l’univers de la musique, rempli de notes et de sentiments. Si le blues, le rock et le hip-hop sont mes domaines de prédilections, je reste néanmoins à l’écoute des différentes tendances du moment.

Un commentaire

  1. Lorraine

    His sound is liquid gold & broken glass, ever enthralling..

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