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On se met à table avec Hungry Music

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Dans cet article, nous allons essayer de vous offrir une expérience particulière en liant lecture et musique. Pour apprécier l’article, nous vous conseillons de confortablement vous installer avec un casque et de vous mettre en plein écran pour profiter de ce que Hungry Music a à vous offrir.

Hungry Music est un label indépendant fondé en 2014 par trois artistes à tendance électronique : N’to, Worakls et Joachim Pastor. En mettant sur pieds ce label, ils s’éloignent des contraintes que peuvent imposer les plus grosses maisons de disques. 100% des revenus générés par le label sont réinvestis directement dans celui-ci. Par conséquent, les visuels, les montages vidéos ou encore les masterings sont réalisés directement au sein de l’infrastructure.
De plus, le label s’impose une spécificité lourde de sens : il ne dispose d’aucun budget alloué à la promotion. Cela n’a pas empêché Hungry Music d’être fraîchement nominé comme le meilleur label indépendant français par DJMag, alors que Joachim Pastor et Worakls sont respectivement cités pour la meilleure révélation et  et pour la meilleure prestation scénique.

Présentation des artistes :

N'to
Worakls
Joachim Pastor

Pour commencer cet article, voici The Bosnian de N’to :

A ce jour, aucun EP ou album n’a été publié. En effet, les trois DJs se concentrent sur une prestation live, qu’ils décrivent comme une réelle récompense après le travail en studio. C’est sur scène qu’une interaction se crée entre le public et les musiciens, ils peuvent alors confronter leurs tracks aux réactions directes de l’audience. De même, ils peuvent puiser dans leurs diverses influences afin de composer des formations hybrides, en s’accompagnant d’autres musiciens par exemple.

Même s’ils se produisent en live lors d’évènements majeurs français (Rock en Seine, l’Olympia, le ZigZag etc.), l’hexagone n’est plus le seul terrain de jeu des trois compères de Hungry Music. Amsterdam, Montreal et son Piknic Electronik, le Jazz Festival de Montreux, l’immense festival de Dour… le monde ouvre ses portes et ses oreilles à la musique proposées par les DJs du label.

Nous avons eu la chance d’avoir une conversation téléphonique directe avec N’to pendant plusieurs dizaines de minutes durant lesquelles nous avons pu lui poser toutes nos questions. Profitons.

Hungry Music

Pour continuer sur l’interview, voici Elea de Worakls :

Pour commencer, que peux-tu me dire sur le label Hungry Music ? Comment s’est-il formé ?
N’to : On avait l’idée de créer un label avec Kévin (Worakls), parce qu’on ne trouvait pas dans les labels qui existaient de bons endroits pour sortir notre musique. On n’était pas nécessairement dans l’air du temps. De son côté, Joachim (Pastor) avait au même moment envie de monter quelque chose. On s’est tous réuni à ce moment là et on a fondé Hungry Music en 2014. Donc Joachim est avec nous depuis les premières sorties.

Pourquoi Hungry Music ?
N’to : Parce qu’on se nourrit de musique !

« Aucune contrainte ! La contrainte peut venir en fonction de l’ambition du label, or la notre c’est de faire la musique qu’on aime et qu’on veut. »

Quelles sont les contraintes à diriger un label indépendant ? On imagine facilement l’idéal de la situation en terme de créativité, mais on pense moins aux potentielles difficultés.
N’to : Il y a un côté difficile : ça demande beaucoup plus de boulot que d’être juste un artiste composant dans son studio. Il faut s’intéresser aux autres, il faut travailler avec des gens parce qu’on ne peut pas tout faire, tout seul. Comme une entreprise, on a besoin de s’entourer de gens.
Mais sinon, aucune contrainte! La contrainte peut venir en fonction de l’ambition du label, or la notre c’est de faire la musique qu’on aime et qu’on veut. On n’a pas d’objectif de réussite, donc ça nous permet de ne pas être en attente de passages en radio, de visibilité ou autre.
Tout ce que ça coûte, ce sont les heures et les nuits passés derrière l’ordi ! C’est que du bonheur ! On veut simplement sortir la musique que l’on aime et que l’on veut sans concession.

Si tu devais faire un B2B un jour, tu le ferais avec qui ?
N’to : On ferait comme d’habitude, un B2B2B avec Hungry Music ! Après, on ne fait tous que du live. Donc on garderait notre formule et on se ferait jouer les uns les autres sur nos tracks. Joachim peut jouer de la guitare sur un track de Kévin, Kévin sur le mien etc. Et c’est la meilleure composition possible pour ce que je fais. Comme on ne fait que du live, ça nous permet de nous retrouver de faire des combinaisons ensemble. J’essaye aussi d’être accompagné sur certains de mes lives.

Pour Rock en Seine j’étais avec Loris, un ami marseillais qui jouait les percussions et le marimba et vibraphone. C’est quelqu’un que j’ai découvert sur une vidéo parce qu’il jouait l’un de mes tracks au marimba et j’en suis tombé fan ! Ça faisait longtemps que je voulais faire évoluer mon live. J’ai envie d’offrir quelque chose de différent que juste un homme derrière un ordinateur, alors cela m’a paru évident. On s’entend super bien et on va bientôt tourner ensemble un peu partout en 2016. C’est vraiment cool, parce que je suis aussi un artiste qui aime la scène. Quand on tourne ensemble, comme un groupe, on partage des choses qui sont différentes.

En plus on se fond parfaitement, il rejoue exactement les mélodies que j’ai écrites, et il y ajoute côté organique, humain, qui fait tout le charme de l’ensemble. Ça permet aussi aux spectateurs de s’identifier plus facilement à la musique, de la comprendre et de l’apprécier un peu plus. On se rend compte qu’il est possible de réaliser de la musique électronique avec quelqu’un derrière un instrument.

Petite pause… finissons la deuxième partie avec Taïga de Joachim Pastor :

Est-ce que vous seriez par conséquent intéressé à l’idée d’agrandir Hungry Music pour former un groupe complet qui pourrait performer ensemble sur scène ?
N’to : A la base, notre projet nous permet de sortir notre musique. On est capable de sortir un morceau pop, un morceau classique, parfois presque des morceaux de rock ou de hip hop. On ne s’interdit rien. Du coup on ne cherche pas nécessairement à agrandir le label car on veut éviter de rentrer dans des cases. On a tous des facettes différentes et on préfère que les spécificités de chacun soient la base de l’orientation du projet, plutôt que de fixer une charte musicale qui nous limiterait. On ne veut pas se fixer de but et se fermer des portes pour l’atteindre.
Par exemple, sur Hungry Band, on a pris les capacités de chacun (violonistes, batteur etc.) pour les assembler. Chacun a pu se mettre en avant, tout en se fondant dans le collectif. C’était génial!

Du coup vous avez des possibilités illimitées !
N’to : Ouais. Chacun a plein d’envies : Kévin a envie de faire de la musique de film, moi j’aime produire pour d’autres gens, Joachim aime aussi la prod. On a tous des qualités différentes qui nous permettent de faire ce qu’on veut, c’est pour ça qu’on ne doit pas s’enfermer. On doit briser les barrières ! On va forcément créer de nouveaux projets.

Est-ce que vous produisez vos sons ? Car tu me dis que vous jouez seulement en live, mais vous passez surement du temps en studio. Est-ce que vous êtes influencés par la performance live avec de vrais instruments quand vous composez ?
N’to : Oui, mais mes tracks ne sont pas tous produits pour être diffusés. J’en fait certains qui ne sont présents que sur mes lives parce qu’ils s’y adaptent mieux. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas signé qu’on ne peut pas le jouer en live etc. Encore une fois, on n’a pas de règle.

« L’idée c’est de faire rejouer nos pistes par d’autres artistes, parce qu’on enlèvera jamais le grain d’un vrai instrument. C’est ça qui fait la différence. »

Déjà, quand je produis, j’essaye de faire quelque chose qui me plait. En général, moi j’aime tout ce qui est d’ordre organique, Kévin aussi. Donc ce n’est pas rare que je produise une mélodie de guitare synthétiquement, et qu’ensuite je la fasse rejouer par un vrai guitariste, voir moi même. En fait l’idée c’est de faire rejouer nos pistes par d’autres artistes, parce qu’on enlèvera jamais le grain d’un vrai instrument. C’est ça qui fait la différence. Kévin fait lui même ses violons, Joachim sa guitare…

Maintenant pour d’autres sons on a aussi besoin d’avoir seulement du numérique. C’est des fois juste l’humeur qui définit nos choix. C’est important de conserver notre diversité, d’intégrer notre patte. On peut reconnaître les sons de Joachim, Kévin ou les miens. Si tu prends des tracks comme Bosnian, Trauma, Plein Ciel, il y a un truc qui les lie tous un peu. On reste cohérent, tout en variant nos influences. On est sur une continuité dans laquelle on s’autorise tout ! C’est comme la musique qu’on voit en live. J’étais à New York il y a quelques semaines où j’étais dans un bar de jazz pendant six heures, alors que j’étais à Amsterdam pour un concert électro il n’y a pas très longtemps.

Est-ce que vous vous concertez entre vous quand vous produisez?
N’to : Pas du tout ! Chacun produit ses tracks et on se les fait écouter ensuite les uns les autres. Ça peut arriver qu’on ait quelque chose à redire sur ci ou ça, que l’on aime ou non certains tracks, mais on est toujours unanime pour dire que c’est quelque chose de qualité. C’est ce qui compte le plus pour nous. Tant que les tracks sont bien produits, bien équilibrés et qu’il n’y a pas de problèmes techniques, on les sort. Ce serait trop limitatif de vouloir plaire à tout le monde.

Vous avez fait un live évènement au Dock des Suds à Marseille le 31 octobre, et un live est à venir à l’Olympia le 15 janvier. Peux-tu nous en dire plus sur la tournée actuelle de Hungry Music ?
N’to : L’Olympia ça sera vraiment spécial, ça va fêter les deux ans du label, ça va être le retour de Kévin et Joachim à Paris et puis ça va être le point final de la tournée. Avec le Dock des Suds à Marseille, ça s’inscrit dans la tournée qu’on a entamé avec le Hungry Band en 2015. Quoi de mieux que l’Olympia pour mettre un point final à la tournée. Et puis cette fois on a fait en sorte que tout le monde soit sur scène avec le SuperBand. On aura des percussions, le père de Kévin à la guitare, et trois violons. C’est une création éphémère pour le moment, on ne l’a fait que deux fois. Mais il se peut qu’on continue de le faire.

« On devrait avoir des albums avec Hungry Music en 2016. »

10 Est-ce que vous prévoyez des sorties physiques en plus des tracks numériques ? Un format vinyle ?
N’to : On prévoit des sorties physiques pour quand on aura des albums de prêts (rires) ! Mais on devrait avoir des albums avec Hungry Music en 2016. Pour le moment on fait chacun notre musique et on va réfléchir à ce qu’on peut faire de tout ça. On pense aussi à faire du pressage vinyle aussi, pour faire de belles parutions une fois par an avec des tracks variés.

11 Un mot pour la fin ?
N’to : Peace and love, tout simplement.

Hungry Music

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Rogé

Initié par deux passionnés d'arts graphiques et de musique, ROGE blog de destine à partager les critiques et analyses de ses deux blogueurs.

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