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Échange de crayons avec Vincent Roché

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Connaissant une enfance bercée par les génériques et héros du Club Dorothée, c’est dès le plus jeune âge que Vincent Roché use du crayon pour figer ses pulsions créatrices. Tortues Ninjas ou divers guerriers Sayens aux cheveux dorés, tous sont dessinés, revus et réinterprétés  sous le rythme imposé par la mine de graphite.
Préférant crayonner ses héros préférés en cours plutôt que de recopier les fades lignes de tableaux mathématiques imposés, Vincent ne se destine pas au classique parcours universitaire. Avant même la fin du lycée, il se dirige vers une école spécialisée dans le graphisme et la communication. Tout d’abord maquettiste dans un petit magasine indépendant suite à un essai non concluant dans la bande dessinée, Vincent est ensuite employé dans une agence de communication en tant que directeur artistique pendant cinq ans. Cela lui permet de diversifier ses compétences en terme de logo, graphisme print, web… Pour continuer à s’épanouir d’un point du vue artistique, il participe en parallèle à des concours d’illustration organisés par le forum Café Salé (dont la plateforme est en totale rénovation avant un retour pour cette année) et est publié dans quatre de leurs artbooks. Il est aussi choisi pour créer l’ensemble du design de la start-up Flaq. L’année 2012 marque une étape déterminante pour la suite de sa carrière avec la création du blog L’Attrape Geeks sur lequel il est responsable d’illustrer chaque publication à sa façon. Totale réussite, les illustrations de ce blog seront même affichées au Dernier Bar Avant la Fin du Monde en janvier 2013. C’est alors que le graphiste prend conscience que son style plaît, qu’il le travaille et l’affine, qu’il s’intéresse à des domaines qui lui étaient inconnus tels que le code ou le webdesign, et qu’il fait en sorte de se perfectionner en typographie et composition.
Une inscription sur le réseau social Behance lui vaut une visibilité à l’international et une ouverture sur le monde professionnel. C’est alors que les premiers clients sont venus à sa rencontre. Jusqu’à aujourd’hui Vincent n’a plus quitté sa carrière en freelance, et cela semble totalement lui réussir. Entre épanouissement personnel et développement professionnel.

vincent roché

Le croquis comme base créative

De l’importance de sentir la mine sur le papier. Quel que soit le temps dont il dispose, Vincent Roché dit toujours commencer par confronter ses idées au grain du papier. Qu’il soit de la taille d’un timbre poste, unique, multiple, en couleur, au crayon, feutre ou stylo, le croquis est un passage obligatoire pour l’illustrateur afin de matérialiser ses idées. De nombreux éléments de détails peuvent être ajoutés aux premières esquisses, et elles sont souvent soumises à de nombreuses évolutions. Cependant, il reconnait que son inspiration première demeure régulièrement la meilleure idée de composition pour la future illustration.
Malgré tout, il lui est nécessaire de passer par une étape de comparaison, de tension entre les croquis, afin de confronter ses différentes idées.

« Par contre, je ne définis pas un temps particulier à mes croquis, cela peut aller de quelques secondes à plusieurs heures. »
Vincent Roché Vincent Roché IMG_6516 Vincent Roché Vincent Roché Vincent Roché

Un travail d’immersion?

Dans la plupart des cas, une immersion globale lui est bénéfique afin de tirer le meilleur des thème qui lui sont confiés. Musiques, bandes originales, images d’époque, toutes peuvent être utiles afin de dessiner la globalité d’une œuvre dans l’esprit de l’illustrateur. De même, amateur de jeux-vidéo de la première heure, Vincent Roché utilise les œuvres vidéoludiques pour exploiter un univers plus vaste et qui lui est plus familier. Les films sont tout aussi importants dans sa quête d’inspiration.
Cependant, il lui est aussi possible de créer des illustrations sur une inspiration spontanée. Pour des affiches comme Tomb Raider, The Walking Dead, Kickass 2 ou Godzilla, seuls des teasers et bandes annonces ont été nécessaires.

« Une anecdote rigolote, pour l’affiche de Godzilla je me suis contenté de la bande annonce. Si j’avais vu le film avant de la faire, je crois que j’aurais tout annulé tant je n’ai pas aimé ! »

Vincent Roché

Regard et compréhension

Suite à deux participations réussies pour les expositions Goldo Expo et Bang Bang, la galerie Sakura a une nouvelle fois fait appel à Vincent Roché pour son exposition « Des Chauves-Souris et des hommes ». Du 12 mars au 15 juin 2016, la galerie Sakura s’habillera de noir et mettra en avant Batman et l’univers crée par Bob Kane. Vincent nous explique la manière dont il a procédé pour composer son œuvre.

Une double lecture

« Afin de s’adapter aux contraintes imposées par une galerie, l’illustration est au format mural (100x50cm). C’est pourquoi, comme à mon habitude,  j’ai mis en place une composition à double sens afin que l’affiche puisse être lue de manière différente de près comme de loin.
De loin, on peut facilement distinguer les deux personnages que sont Batman et Double-Face. Leur conception est directement inspirée de la série animée des années 90, elle-même puisant dans le style de Tim Burton.
Le logo de Batman au coeur de la poitrine du héros fait office de point central, de relai entre les deux phases d’observation. Lorsque regardé de loin, le logo symbolise simplement l’habituel logo sur la combinaison du héros. Cependant, lorsque l’on se rapproche, on constate qu’il est aussi le reflet du projecteur dans le ciel de Gotham.
Ce n’est pas un hasard d’avoir placé la ville en bas de l’illustration. Ainsi, elle est au coeur de Batman, elle est l’essence même de l’existence de l’homme chauve-souris.
Une fois proche de l’affiche, on peut observer un jeu de lumière à gauche sur la cape de Batman, symbolisant le bon côté du héros, placé sous Harvey Dent. Au contraire, les deux personnages terminent dans l’ombre sur la droite de l’image.»
Vincent Roché

Un travail de simplification

« J’ai volontairement choisi de simplifier les traits pour que le visuel aille directement à l’essentiel. Selon moi, une illustration épurée permet de faciliter l’analyse de de celle-ci. De même, l’affiche est relativement peu chargée et laisse place de manière importante aux deux principaux protagonistes.
Limiter les couleurs et les traits est  un vrai choix de composition. Cela permet d’augmenter fortement le contraste, de mettre en valeur les aplats et aussi d’accrocher un regard à distance. À la base, mon trait de dessin est plutôt massif, donc je n’ai pas besoin de trop en rajouter. L’idée principale ici était de faire ressortir au maximum les formes afin de donner un bon rendu de loin.
Pour la composition, je me suis inspiré de l’affiche du film Metropolis, faite par Schulz-Neudamm. On peut y retrouver des similitudes au niveau des bâtiments, de la lumière. C’est une affiche que j’adore, alors j’ai souhaité lui faire un clin-d’oeil. »

Vincent Roché

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Antoine Roché

Enfant des années 90, guitariste et étudiant en production musicale, c’est à travers mes articles que je vais vous faire partager ma passion pour l’univers de la musique, rempli de notes et de sentiments. Si le blues, le rock et le hip-hop sont mes domaines de prédilections, je reste néanmoins à l’écoute des différentes tendances du moment.

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