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« All-Amerikkkan Badass » signe le retour de Joey, le rappeur le plus Bada$$ du game.

joey badass
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Deux ans ! Il aura fallu deux ans au jeune prodige de Brooklyn pour sortir le digne successeur de son excellent premier album B4.Da.$$. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le ton est donné une fois que l’on découvre le nom de ce nouvel opus : All-Amerikkkan Badass. Joey Bada$$ s’empare des sujets sociétaux américains et nourrit sa musique des difficultés auxquelles est confrontée la communauté noire américaine. De sa cover, au clip de Land Of The Free, jusqu’aux textes qui le composent, All-Amerikkkan Badass est un album engagé où Joey Bada$$ s’insurge contre la direction choisit par l’Oncle Sam. Alors, cette deuxième galette du rappeur de la Beast Coast sera-t-elle le prochain hymne révolutionnaire étasunien ?

« Music is a form of expression / I’ ma’ use mine just to teach you a lesson »

All-Amerikkkan Badass marque un tournant dans la jeune carrière musicale de l’enfant d’East Flatbush. Lorsque les premiers morceaux résonnent, on constate que les productions énervées et agressives de B4.Da.$$ ont laissé place à des mélodies plus aériennes, moins enfermées, aux notes presque positives. Pourtant, ce Joey « Summer vibes » Bada$$ new look s’attaque à l’Amérique blanche suprémaciste et ce thème est clairement le fil conducteur des six premiers morceaux de l’album. Il est donc finalement logique de voir les kicks, snares et autre sub-bass en retrait, pour que les rimes de Joey prennent soient à leur place: au cœur de ce projet. Car, malgré un sentiment de protestation palpable à l’encontre de l’administration du président à la postiche doré, Joey Bada$$ livre un message d’espoir, de paix et de réconciliation. L’album est un témoignage, celui d’un jeune noir américain grandissant dans un pays à deux visages, tiraillé par les controverses naissant au sein de ses propres frontières. Autre fait marquant, on entend plus de parties chantées: Good Morning Amerikkka, For My People, Temptation, Land Of The Free, Devastated… un brin de pop est venu se greffer dans le rap du Bada$$.

Le changement de direction que l’on est en droit d’espérer arrive avec Y U Don’t Love Me Miss Amerikkka: virage à l’Ouest, le beat nous envoie dans la Cité des Anges, le soleil de L.A nous caresse les oreilles et l’on s’image alors cruiser au volant d’une mythique Impala. Old school shit ! Une fois garé, on retrouve ScHoolboy Q pour un featuring de feu. Rockabye Baby est une bombe, les punchlines transpirent le groove et les deux compères se déchaînent. Les rappeurs s’assurent que la cravate rouge de Trump soit ajustée de près, que ses cheveux dansent au vent et que son teint orange soit au beau fixe. On commence à rentrer sur le territoire du Bada$$, le rap se fait plus dur, plus enragé, plus grogné.

« Ring the alarm before war / You wanna get in »

La deuxième partie de l’album voit les featurings se succéder. Ring The Alarm réunit la Beast Coast, la crème de la crème de Brooklyn: Joey Bada$$ partage le micro avec Meechy Darko (des Flatbush Zombies) et Nyck Caution tandis que le talentueux Kirk Knight gère les platines. Résultat sans appel, le morceau est sombre, glace le sang et l’on s’imagine parfaitement l’écouter pendant un petit détour dans des catacombes. Lorsque l’on écoute Super Predator pour la première fois, on remercie très, très fortement Statik Selektah pour la production ! Car cette fois, ça sonne New York. Ça sonne 90’s. Ça sonne Bronx, ça sonne Queensbridge. Ça sonne Nas. Impossible de ne pas se laisser câliner par les notes de basse. Les MCs récitent leurs bars et on reconnaît bien les influences de Joey Bada$$. Chronixxx et J. Cole assurent leurs featuring sur Babylon et Legendary, tandis que Amerikkkan Idol clôture le bal de manière exquise. Ce dernier titre prend le temps de monter, et l’on peut entendre Joey Bada$$ rapper à propos d’une Amérique qu’il ne reconnait plus.

All-Amerikkkan Badass est surprenant, déroutant, à la première écoute. La direction artistique a changé, ce n’est pas la suite directe de B4.Da.$$, mais un complément, une post-face rédigée avec maturité. Le New-Yorkais devient grand, et confirme tous les espoirs placés en lui. Cette phase de confirmation était pourtant la plus difficile, mais le rappeur de Pro Era démontre une nouvelle fois son talent pour la musikkke.

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Antoine Roché

Enfant des années 90, guitariste et étudiant en production musicale, c’est à travers mes articles que je vais vous faire partager ma passion pour l’univers de la musique, rempli de notes et de sentiments. Si le blues, le rock et le hip-hop sont mes domaines de prédilections, je reste néanmoins à l’écoute des différentes tendances du moment.

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