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Rolling Loud : Journée 1 – Quand la Beast Coast débarque pour la Troisième Guerre Mondiale

Rolling Loud
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Cette fois ça y est, les choses sérieuses ont commencé. On a arpenté un maximum les rues de Miami depuis notre arrivée, on est allé voir le soleil se lever sur South Beach… mais maintenant, il est temps de se rendre à Bayfront Park pour le Rolling Loud. La troisième édition a ramené du monde, beaucoup de monde. Officiellement 40 000 tickets ont été vendus, mais les organisateurs annoncent un pic de 45 000 personne dans Bayfront Park. Même si la majorité des festivaliers viennent sans aucun doute de Miami, les gens se sont déplacés de partout pour venir ici : Atlanta, New Jersey, Los Angeles, Houston, Londres… Faut dire qu’avec ce line-up de feu, il fallait s’y attendre.



Rolling Loud

« Ya man, ya know his the best hip hop festival ever right ? »

Content de voir qu’on a tous la même vision de la chose. 40 minutes d’attente dans les longues files et enfin la délivrance. On ne pouvait pas rêver mieux. On se retrouve à parcourir les étendues d’herbe au milieu des buildings de downtown tandis que le bord de mer s’occupe de délimiter l’espace. Incroyable de pouvoir assister à un festival à cet endroit. Il faut attendre 5h30 pour voir Mick Jenkins débarquer sur scène. L’enfant de Chicago déroule ses titres : Jazz, Martyrs, Daniel’s Bloom et annonce même la sortie d’une mixtape en jouant VIP, un titre inédit. Pourtant, le public ne se laisse pas conquérir. L’artiste repart frustré et semble se plaindre d’un problème de son. C’est vrai que sa voix était noyée dans les basses. En tout cas, moi j’ai kiffé !

Rolling Loud

 

« Say BEAST COAST »

Pas le temps de souffler qu’arrivent en fanfare les deux joyeux lurons d’Underachievers. Le ton monte d’un cran. Les pieds se décollent du sol et le rouleau compresseur de Brooklyn se met en place. Hurb Shuttles, Gold Soul Theory, Play That Way… ils déroulent leurs titres et le public devient de plus en plus chaud. Une triple mosh-pit se forme à un moment donné à droite, au milieu et à gauche de la scène. On se jette dedans comme un mort de faim. Certains rendent les armes rapidement, se font évacuer devant la régie, tandis que d’autres épuisés perdent connaissance. Il faut dire que l’on ne sent pas tout le public préparé à ce genre d’ambiance : certains ont des tongues aux pieds, des talons de 10cm, la gente féminine à peine âgée de la vingtaine semble désemparée. Et puis les Flatbush Zombies arrivent sur la scène pour venir prendre la température avant leur show.

Rolling Loud

« Say FLATBUSH »

Le trio déjanté se présente et nous donne rendez-vous à 19:30 sur l’autre scène pour leur concert qui s’annonce épique. Pas évident de se balader dans les allées et encore moins de se faufiler vers l’avant de la scène. J’arrive malgré tout à me placer dans les 5 premiers rangs. Je sais déjà à quoi m’attendre, je sais déjà que mon dos va se faire maltraiter, je sais déjà que l’on va tous s’écarter et laisser rentrer Meechy Darko au milieu de la foule avant de se rentrer dedans sur S.C.O.S.A., je sais déjà qu’il va falloir jouer des épaules et des coudes pour rester en vie. Au moins 25 000 personnes poussent derrière moi. Je suis prêt comme jamais ! Flatbush Zombies met tout simplement le feu (au sens littéral comme au figuré puisque des lances-flammes sont installés devant eux). Les gens sautent partout, ça bagarre sec en face de la scène, on peine tous à trouver de l’air et nos pieds sont mis à rude épreuve. Immense claque que de voir les Zombies ici. Ils ont fait monter la température et ont rappelé pourquoi cela valait le coup de prendre l’avion pour les voir ici. Les Underarchievers se ramènent sur la scène pour chanter Palm Trees avec les Zombies, tout un symbole.

« Yo people ! Can I say somethin’ ? Ya hear me ? OPEN – YOUR – FUCKING – MIND ! »

Maintenant il faut sortir de ce traquenard des premiers rangs. Le chemin vers la liberté est long et difficile. Le public semble agacé de voir les gens sortir des zones chaudes et il faut forcer le passage si l’on veut aller respirer un peu plus. Je mets 40minutes pour parcourir 35 mètres. Je réalise une chose, je ne vais pas pouvoir passer tous les concerts à l’avant à moins de finir sur un lit d’hôpital. Et il n’a fait que 28°C sous les nuages de Miami… Autant dire que samedi et dimanche, lorsqu’il fera 31°C et plein soleil, l’histoire sera différente. Les mouvements de foules sont vraiment une rude épreuve.

Du coup on a la bonne idée d’aller recharger la bouteille d’eau avant de prendre de la hauteur et poser nos fesses dans l’herbe. Lil Yatchy est un bon, un très bon même. Ses tresses rouges rebondissent devant son masque de ski. Pick A Boo fait danser tout le monde ! Le rappeur saute partout et nous emporte dans ses frasques scéniques. C’est exactement ce qu’il fallait pour se reposer après la guerre provoquée par les Zombies tout en gardant la dynamique.

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Classe comme A$AP

Allez, c’est l’heure de voir le daron A$AP Rocky. Cette fois je suis loin des premiers rangs, mais j’ai pu trouver un bon spot à gauche de la scène. Le New-Yorkais est un génie. Une fois sur scène, il dégage un charisme et une puissance qui emportent tout sur leur passage. Et en plus, il dévoile aussi un nouveau titre: Don’t Touch My Raf. Craquement dans le ciel, les feux d’artifices éclairent la foule compacte. « Make some motherfucking noise for my boy A$AP Mob !!! ». Les A$AP la joue en équipe et les Flatbush Zombies, encore eux (!), viennent aussi pour un morceau. Incroyable. Je n’arrive pas à croire qu’en cinq heures je viens de voir défiler Mick Jenkins, The Underarchievers, Flatbush Zombies, Lil Yatchy, A$AP Rocky et A$AP Mob… Alors si en plus il se mettent à partager les scènes…
Allez, pour finir on a le droit à un Lil’ Wayne qui a pris de l’âge mais qui fait plus qu’honneur à sa réputation. Un énorme feu d’artifice vient éclairer downtown pendant 2 minutes, juste en face du concert, comme pour nous souhaiter la bienvenue et nous rappeler qu’ici toutes les folies sont permises. Vraiment, j’ai de la chance d’assister à ça. C’est grandiose. Je rentre meurtri. J’ai des cloques plein les pieds, mon dos est rempli d’égratignures, des hématomes sur les bras, les jambes sont lourdes… Mais je suis prêt à retourner au combat. Parce que demain, Dieu Kendrick Lamar m’a donné rendez-vous à 22h.
Petit bémol malgré tout pour l’organisation. Je vois des gens escalader des grilles de 5 mètres pour pouvoir sortir du festival car on refuse de nous laisser sortir par certaines portes. Je pense que l’organisation s’est laissée dépasser par l’évènement et par l’engouement qu’a entraîné son line-up. Dommage, c’est quand même plus sympa quand on peut éviter de se marcher les uns sur les autres.

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Antoine Roché

Enfant des années 90, guitariste et étudiant en production musicale, c’est à travers mes articles que je vais vous faire partager ma passion pour l’univers de la musique, rempli de notes et de sentiments. Si le blues, le rock et le hip-hop sont mes domaines de prédilections, je reste néanmoins à l’écoute des différentes tendances du moment.

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