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Rolling Loud : Journée 3 / Du rouge, des muscles, des bandanas et Atlanta

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Déjà la troisième et dernière journée du Rolling Loud. C’est un très, très gros rendez-vous trap qui nous attend aujourd’hui : 21 Savage, Migos, Gucci Mane, Playboi Carti, Lil Uzi Vert, Future… C’est tout Atlanta qui s’invite pour clôturer les hostilités. Et puis, ce combo Future / Travis Scott pour finir s’annonce succulent.

On retrouve la bande d’Austin et on ouvre le banquet dans les premiers rangs de la scène avec Chaz French. Découverte totale de l’artiste et immense surprise ! Probablement un futur grand. Il ouvre le bal en sautant sur nous et rappe en lévitation. Un show de 40 minutes parfait pour réveiller les jambes et les bras meurtris de la veille.

Repos de rigueur ensuite, il est 14h et le soleil frappe. Direction l’ombre avec une pinte à la main. Maintenant, il faut attendre 16h pour que tout s’enchaîne sans répit : YG, Gucci Mane, 21 Savage, Migos, Future et Travis Scott sont prévus au programme et le tout sans interruption. 

 

« Wanna see some titties »

La scène est vêtue de rouge pour l’arrivée de YG. Le rappeur de Compton ramène toute la chaleur et le groove de la Côte Ouest. Après toute la trap qui nous attend, il est bon de pouvoir se déhancher sur des basses profondes et lentes. Quelques danseuses bien en chair viennent le rejoindre sur scène le temps de twerker pour le plaisir des yeux du public. Il ne manque pas de rappeler que sans la condamnation à la prison ferme de Kodak Black, il ne serait pas là. « Say with me : FREE KODAK ». Il faut dire que ce dernier est l’enfant chéri de la Floride et que tout le public se réjouissait d’avance à l’idée de le voir sur scène sur sa terre natale. Les DJs meublant entre les sets nous ont d’ailleurs abreuvé de ses morceaux pendant trois jours.

 

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« I’m in Savage mode, I’m a savage on these hoes »

Un peu déçu du show de Gucci Mane. Je ne sais pas s’il s’est reposé sur ses acquis ou non, mais le tout a grandement manqué de punch et de justesse. C’est dommage, Gucci Mane n’était pas sur le line-up au début et c’était une bonne surprise de l’y voir figurer ensuite. Pas de quoi faire rayonner Atlanta… Pas grave, les nouveaux boss de la ville sont attendus à 18h30 sur la grande scène. Une partie du public s’enfuit pourtant vers l’autre scène pour voir Migos (qui sera finalement sur la grande scène à 20h). Tant mieux, je peux me faufiler à l’avant pour enfin le voir, le 21 Savage. Le renouveau de la scène trap d’Atlanta sur lequel on n’a pas manqué de laisser traîner une oreille depuis la sortie de sa première mixtape en 2015. Incroyable de décontraction, le flow du MC d’Atlanta nous entraîne dans un faux rythme irrésistible. En plus, le Rolling Loud leur a déroulé le tapis rouge : jets de feu, canon de confettis, rubans… Enorme show. Sûrement ma meilleure surprise de l’ensemble des 3 jours. 21 Savage renouvelle la trap de Géorgie et j’attends avec impatience la sortie du premier album.

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« What you lil’ white ass nigga here for ? »

Migos va arriver dans quelques minutes. Je vois à droite de la scène un groupe habillé de noir, tous bandanas rouges dehors. Visage recouverts par le canvas du bandana, muscles saillants, visages fermés, tatouages énormes… Pas de doute, ça va chauffer de ce côté. Je me fais discret et parvient à obtenir une place derrière eux. On me dévisage, on me demande pourquoi je suis là : « What you lil’ white ass nigga here for ? » // « I wanna mosh » // « Yo, give that boy some space, let him in ». Ils n’échangent que deux informations avec moi « We’re from Atlanta. We are Bloods ». Ok, c’est bien ce que je pensais, je me suis retrouvé au milieu d’un groupe d’une trentaine de personnes issues d’un des plus gros gangs des Etats-Unis. Cool, c’est pour vivre ça que j’ai pris l’avion. Pas la peine d’insister, ils ne sont pas là pour discuter, mais bien pour représenter la force de leur ville.
Ils tolèrent malgré tout ma présence et on l’air de respecter la démarche (tant que je la ferme). 
Premier morceau de Migos, les grosses basses sont de sortie. « Open the mosh pit kid ». Ce n’est en aucun cas une question mais plutôt un défi. Si je ne le fais pas, je vais sûrement me faire jeter de cet endroit de la fosse. Je m’exécute, j’ouvre les bras, je repousse les gens vers l’arrière pour que le rond prenne forme. Et, d’un coup, l’un des membres se fixe au milieu de ce dernier et entame une danse impressionnante. Tous, un par un, sont venus étaler leur talent mosh pit après mosh pit : saltos, break-dance… Et puis explosion une fois le break terminé, on se saute tous dessus, on se pousse, on participe à une espèce de défi de force et de virilité. Je tiens 40 minute dans la fournaise rouge d’Atlanta. Impossible de rester au delà, il faut savoir reconnaître ses limites et s’avouer vaincu face à plus fort que soit. Si je reste plus longtemps, je vais me faire briser en deux. 
En tout cas, cette fois je peux le dire, j’ai été baptisé. Pas par n’importe qui, en plus. Plus loin, je me fais presque insulter car je « dérange » la foule statique en essayant de sortir de là. Je me marre en les imaginant à la place quelques minutes plus tôt.

« See you soon homie. You have a family in Austin now. »

Qu’il est bon de retrouver le lent et chaud accent du Texas après les muscles d’Atlanta. Retour avec mes potes d’Austin. On a tous les traits tirés et la fatigue accumulée commence à se faire lourdement ressentir. On se rend compte qu’on passe nos dernières heures ensemble aussi. Ca fait drôle, on a l’impression de se connaître depuis 10 ans. Pas le temps de tergiverser cependant Lil Uzi Vert vient se faire un bond de 5 mètres de haut directement dans la foule. Et voilà Future maintenant ! A défaut d’être totalement emballé par la performance du rappeur, on en prend plein les yeux : barbecue géant à coup de lance-flamme partout sur la scène, écrans, feux d’artifice… Le Rolling Loud sort le grand jeu pour le dernier soir. On se précipite sur l’autre scène à 22h30, tant pis pour Mask-Off. C’est enfin l’heure de The Flame ! Travis Scott clôture le festival en beauté, encore une fois bien aidé par la scénographie. Il déroule les titres de son dernier album et chauffe à blanc tout le monde. BOUM. Les derniers éclairs de couleurs crépitent dans le ciel en immense parade de lumière. La foule repart, lentement, vers la sortie. Nous sommes tous abasourdis après ces trois journées. Tous unanimes, aussi. 
Oui, nous venons d’assister au plus grand festival de hip-hop qui n’ai jamais existé. Merci Rolling Loud.

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Antoine Roché

Enfant des années 90, guitariste et étudiant en production musicale, c’est à travers mes articles que je vais vous faire partager ma passion pour l’univers de la musique, rempli de notes et de sentiments. Si le blues, le rock et le hip-hop sont mes domaines de prédilections, je reste néanmoins à l’écoute des différentes tendances du moment.

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